Lundi 30 juillet

  • Etape 1 : Killarney-Kenmare
  • Distance : 32 km
  • Caractéristique : montagne ! environ 300-400 m de denivelé !



Agrandir le plan


7h00-7h30. J'entends des rires à droite de la tente. Impossible de savoir ce qui provoque l'hilarité d'Amandine et de Cécile: à 4 dans une tente pour 3, le mot d'ordre est: ne pas bouger! surtout quand on a un sac de couchage de Hobbit !
En fait, notre hilarité n'avait pas vraiment de raison, c'était purement et simplement un fou-rire. Après cette nuit agitée, froide et particulièrement inconfortable, où une fois de plus je n'avais quasiment pas fermé l'oeil, quand Amandine m'a demandé si j'avais dormi, ça m'a déclenché une sorte de hoquet frénétique qui n'a plus voulu s'arrêter. Alors forcément quand quelques minutes plus tard elle a parlé de son mal de crâne en disant qu'à quatre dans la tente on avait épuisé l'oxygène... j'ai pas pu me retenir. Désolée pour les marmottes !

Finalement Amandine se décide et passe hors de la tente. Nous la suivons pour le petit déjeuner. Céréales dans le café ou dans rien du tout selon les goûts ou les dégoûts et prunes sont au menu.


On sait qu'il nous faut prendre des forces car c'est aujourd'hui que les choses sérieuses commencent: on a le Moll's Gap à passer... [à lire sur un ton dramatique... avec grincements de portes et hurlements de loups... Boooouuuuhh... ]

Chacun fait ensuite son petit paquetage. On est déjà rodées: on sait qui prend quoi et où se range chaque chose. Il fait beau donc les serviettes de toilettes sécheront sur le porte-bagage.



Nous voyant nous affairer un monsieur français s'approche et nous propose sa bouteille de gaz et son riz... ben oui c'est la fin des vacances pour lui et sa famille alors il se dit que cela peut nous être utile. Nous? besoin de gaz? En fait, pendant la préparation du petit déjeuner, quelqu'un d'autre a déjà fait le coup à Amandine. A l'aube de cette magnifique journée, nous avons donc en notre possession 3 bouteilles de gaz... (la génération spontanée vous connaissez???)



A croire que pendant qu'on dormait, les papys ont fait passer le mot dans tous le camping: "les 4 filles à vélo, elles ont même pas de bouteille de gaz!".


Nous voilà en selle. On quitte le camping. Obligées de passer devant les tentes des papys qui nous font la hola... ça y est, on a déjà un fan club. Puis au moment où on allait quitter le parking du camping un autre Irlandais nous interpelle. On finit par comprendre que c'est le patron de l'endroit où on a réservé les vélos et à qui s'était adressée Cécile par téléphone avant notre départ. Facile pour lui, il nous a reconnues grâce aux vélos. Bon face à 4 filles en perdition il s'est dit que c'était de son devoir de nous faire un sermon: "Vous êtes bien trop chargées! Je suis sûre que vous pouvez en laisser la moitié ici! On les mettra en sécurité!" Non mais on lui explique comment qu'on a passé une soirée entière à ne sélectionner que l'essentiel? Et puis il en rajoute: "En plus vous ne partez pas dans le bon sens! Vous devez faire le Ring of Kerry de l'autre côté sinon vous serez gênées par les voitures!". J'avoue que là on a eu un grand moment d'incertitude. Pourtant on avait bien lu dans le guide du routard (a.k.a. la Bible) que les voitures faisaient le tour dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et qu'il était conseillé aux vélos de le faire dans le sens des aiguilles d'une montre pour éviter de se faire dépasser constamment. Et bien oui, on l'avait préparé notre voyage! En plus, dans ce sens on passait le col du Moll's gap aujourd'hui: c'est quand même mieux de le faire alors qu'on est toutes fraîches plutôt qu'après une semaine de vélo. Puis Marion a eu l'argument final (hé, hé ) : en conservant notre itinéraire on serait à Cahersiveen à temps pour le festival de musique Celtique et puis, autre argument de taille, aujourd'hui il fait beau, alors profitons-en pour faire l'étape de montagne, parce qu'on ne sait pas quel temps il fera dans 8 jours ... (rétrospectivement, on a bien fait !). C'est bon, on ne change pas nos plans. C'est pas un Irlandais trop sûr de lui qui va nous faire changer d'avis. Oui, on a l'air douces et gentilles, mais en fait on est de vraies têtes de mules...

Nous voilà lancées à la conquête du Ring of Kerry. Première étape de 32 km, arrivée prévue à Kenmare après le passage du terrible Moll's Gap (Boooouuuuhh... ). Petit col à 300-400m d'altitude (c'est tout ???? tu viens de m'assassiner là)... pas grand chose nous direz-vous, mais pour 4 filles non entrainées et chargées comme des bourricots, faut dire qu'on est assez fières de nous ! Je proteste !!! Et mes soirées sur le vélo d'appartement, c'est pas de l'entraînement ça ?

Les paysages verdoyants sont magnifiques. Difficile de les décrire sans les dénaturer.





Les photos elles-mêmes ne peuvent rendre exactement ce qu'on ressentait. Une sensation de liberté, de fraîcheur et d'extase (pour ce qu'il en était de la fraîcheur je ne l'ai pas vraiment sentie. Je dirais même mieux, mon cher Dupont, fraîcheur égale sueur.....) devant chaque nouveau paysage qui s'offrait au détour des virages.



Je peux dire que là en effet on était encore fraîches et souriantes ;-)



La montée elle-même était agréable (le temps efface tous les mauvais souvenirs...) : le corps souffrait mais l'esprit était tellement bien! Waouh, Marina ! On n'a pas vécu la même chose ! Je me souviens avoir passé quelques passages difficiles, m'obligeant à poser pied à terre (et oui, j'avoue !) mais j'en conviens, le cadre magnifique nous a aidé à faire passer la pilule ! En fait c'est hallucinant mais je me rappelle très clairement en avoir XXXX, mais juste physiquement, et je profitais simplement de mon allure de tortue pour observer le paysage, le sourire aux lèvres, complètement dissociée de mes petites cuisses qui peinaient à faire leur boulot.

Allez, Cécile ! Allez ! Amandine et moi, entrain de faire des encouragements dignes du tour de France ! Allez Poupou !!!



Ah oui, parce qu'il faut que je précise un truc. Si la journée de la veille avait été très utile à Marina et à moi-même pour l'assimilation du système des vitesses-zé-plateaux je me suis vite rendu compte au cours de cette ascencion (deux heures de montée sans la moindre petite descente...) qu'il y avait quelque chose qui clochait. Je patinais avec les vitesses qui passaient quand elles voulaient. Je me disais que vraiment j'étais pas douée et du coup je tentais toutes les combinaisons possibles, tous les enchainements en me disant que je ne devais pas faire comme il fallait... Assez éprouvant mais bon, c'était le premier jour sérieux, j'avais la patate et on avait tout notre temps !


Petite pause rafraîchissement au bord de la rivière



Pour respecter la tradition lancée par la reine Victoria en 1861 on s'arrête au Ladies View (c'était pas notre première halte comme vous vous en doutez, mais on vous épargne les détails même si ça n'en a pas l'air). Photo obligatoire.


Le Ladie's View


Au café du coin ils acceptent gentiment de remplir nos gourdes. Ils nous disent que nous sommes à 1 mile du Moll's Gap (toute la journée nous n'avons eu que ce mot la à la bouche). 1 mile c'est 1,6 km, c'est bon, ça va le faire, on est trop fortes... A noter que les Irlandais nous donnaient toujours les distances en mile alors que tous les panneaux étaient en km !!! (l'équivalent de notre ancien franc quoi !)


Et c'est reparti... pour plus d'1,6 km. En fait, à 1,6km c'est peut-être bien le vrai Ladies View qui se trouvait là, par comparaison à la halte pour touriste qu'on venait de faire. Le Moll's Gap, lui, est encore loin...
Nous ça y est, on avait développé un langage à nous. Le langage du vélo. T'étais en 2.1 toi ? Attention, il y a un 1.1 qui se pointe !


Il faut bien l'avouer, c'est dur. Je ne pensais pas que mon corps pouvait travailler autant. Je suis plutôt fière. Puis au loin je vois Marion poser pied à terre (mince, je croyais que c'était passé inaperçu !). C'est très mauvais signe pour moi et pour moi donc ! Je ne pensais pas qu'elle pourrait craquer (ben si, quand je parle de quelques passages difficiles, en voilà un ! Et même en 1.1, ça passait pas !). Je me dis que si, il faut tenir... puis mes jambes, les lâches, se dérobent... et mon pied touche terre... Là je sais que je ne pourrai pas remonter sur le vélo avant le sommet. Je regarde de l'autre côté de la route: un mouton me regarde ahuri. Il doit se demander pourquoi la race humaine s'impose de tels efforts. J'ai failli le prendre en photo mais ça aurait voulu dire qu'il avait raison (je me comprends) puis j'entends une voix derrière mon dos. C'est Cécile qui crie: "c'est le Moll's Gap ce coup-ci?". Ben j'espère bien ma grande! Allez, encore un effort, on porte les vélos (environ 16 kg ah ben plus hein ! 16, c'est juste le chargement !) au sommet où il est urgent de se ravitailler... les batteries sont à plat.


Ah oui, il est comment le Moll's Gap? C'est pas vraiment la première chose qu'on se soit dite, trop contentes qu'on était d'y être. En fait il n'est pas aussi beau que les paysages que nous avions croisés. Il y a un grand magasin à l'ombre duquel on a mangé (parmi les taons et les crottes de moutons...), juste derrière la DDE du coin qui changeait les panneaux. Et ouais, ça fait envie. D'ailleurs je crois que nous n'avons aucune photo de ce fameux Moll's Gap, le premier col de notre périple! Non, en effet, pas la moindre photo de notre passage de la ligne d'arrivée ! C'est vous dire à quel point on n'en pouvait plus !


On décide de repartir pour rejoindre Kenmare, notre prochaine ville étape. Nous avons mis je crois 2h40 à gravir ces 20 km et il nous reste 10 km... On mettra 20 min, et encore, quand on me connaît, on sait que je suis prudente en descente... (il faut bien le dire, à la descente on n'a pas vraiment fait attention aux paysages mais la route était super: waouououououou!!!!! [hurlements hystériques]) Trop bien, quasiment zero coup de pédale pendant 20 minutes, mes jambes se sont réconciliées avec moi !!! Je dois dire que ces 20km de souffrance se sont envolés lorsque nous avons amorcé la méga descente de la mort qui tue ! Youhouuuuuuuuuuu ! Bon, vaut mieux le faire la bouche fermée, parce que là, je vous raconte pas tout ce que j'ai mangé comme insectes sur le trajet :-D




Kenmare, joli village hautement coloré !



On décide, à l'unanimité, de dormir en auberge de jeunesse après cette folle journée. Marion nous en déniche une dans le guide du routard en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire c'était pas la seule de Kenmare ? Peut-être bien que si ! La dame de l'accueil est un peu froide mais l'auberge est bien. Nous partageons la chambre avec uniquement une autre personne (une italienne malpolie!). A 16h l'auberge est déserte, fraîche et agrémentée d'un fond musical... On s'installe tranquillement. La douche est une vraie délivrance!



Ravigotées, nous voilà parties pour la découverte d'un cromlech, un cercle de pierres préhistorique formé de 15 menhirs entourant un dolmen... qui ne cassait pas trois pattes à un canard... A l'entrée, une petite urne. 2€ par personne ... C'est vrai que le site demande beaucoup d'entretien ! et au final on a dû mettre quoi... un euro en tout ? parce que nous, on est respectueuses des réglementations ! Ouais, rapport qualité/prix, demi-tarif c'était plus réglo.


Waouh ! Si, si, il faut s'émerveiller :-)






Petite reconstitution historique : le sacrifice humain ... Je note que c'est toujours les mêmes qui se sacrifient... Mais c'est la tradition: il faut sacrifier les plus jeunes...


Bon autant faire les courses. Puis vient le moment d'une petite balade en ville pour acheter les cartes postales que la France entière attendait de nous. Rien de mieux qu'un petit pub pour faire de la prose... Amandine et moi, on teste la pinte de Guinness, et Marina et Cécile prennent du cidre à la pression. Avec tout ce qu'on a sué aujourd'hui, fallait bien qu'on se réhydrate ... et puis, mon médecin m'a recommandé de boire de la bière pour détendre les muscles fortement sollicités. J'exécute ! Tu me passeras les coordonnées de ton toubib!





Notez ce magnifique soleil qui nous éblouit !



De retour à l'auberge on s'offre un bon petit repas toutefois un peu bousculé par l'arrivée de 16 français malaimables et malpolis (qui eut crû que les français étaient si peu sympathiques ? Heureusement, qu'on était là pour réhausser l'image française, enfin j'espère !) ... Il vaut mieux s'isoler dans le petit salon pour jouer au tarot. A noter pour ceux qui pourraient avoir envie de jouer au tarot avec Marion... elle aime bien mettre le petit dans le chien ! Maiiiiis ! quand je dis que je sais pas jouer ... Une petite infusion à moitié renversée sur la table (encore ?) puis l'appel du dodo sonna.

Voilà, les dormeuses ... (le livre n'est qu'un leurre !)




et Cécile, toujours entrain de faire son compte rendu de la journée OMG (Oh My God) quelle horrible photo...







Pour plus de photos ouvrir le lien ci-dessous dans une autre fenêtre:

http://picasaweb.google.com/cartron.marina/IrlandeLundi30Juillet/photo?authkey=hw3wiQjgSlQ#s5099301411012606706

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Horrible les céréales dans le café.. je ne sais pas pourquoi mais j'imagine que cécile les a mangées sans accompagnement !

Marie a dit…

je suis d'accord avec Marion au sujet de la bière contre les courbatures après l'effort. moi aussi j'en avais entendu parlé !! mais par expérience je ne suis pas sûre que ce soit vrai.

Marion a dit…

Non, en fait on ne peut pas dire que ça nous ai détendu la moindre fibre musculaire ! On a eu les cuisses en feu pendant 2-3 jours après le Moll's gap !
Par contre, ça nous a bien réhydraté ces petites pintes de bière !

Cécile a dit…

Ah bon ??????
alors je crois que le cidre est plus efficace que la bière !!!!