Dimanche 29 Juillet - 10 km

8h00. Oui il faut se lever tôt pour découvrir le monde! La plus alerte le matin (et le jour et la nuit... ah non, pas la nuit) (c'est une surprise pour personne) c'est Amandine. Elle passe donc la première sous la douche, juste après avoir sauté du lit... Puis je lui confie la clef de la chambre pour qu'elle puisse aller nous acheter le petit déjeuner (c'est trop gentil!) pendant que nous, pauvres endormies, nous nous préparons...

Tout ce petit monde se retrouve à la cuisine pour partager un petit déjeuner joyeux et seulement entaché d'un peu de café pour Amandine... (c'est pas ma faute si ma tasse a dérapé). Le soleil brille dehors. Nos sandwichs du midi sont prêts. Le moment tant attendu est donc arrivé: on part chercher les vélos au Sugan Hostel.

The Sugan Hostel- Rent a Bike !


C'est un vrai Irlandais survolté qui nous reçoit. Nos vélos sont violets (il a bien précisé vélos de filles !) avec de super grandes sacoches (oui c'est très important). On me confie l'anti-vol et l'équipement anti-crevaison à Cécile (j'ai une tête à crever moi ?). Il nous huile nos petites bécannes (sauf celui de Cécile, pourquoi, cherchez pas, c'est sans doute la sentence pour l'attentat à la pudeur de la veille) et nous explique que les vélos sont ok au départ, ils devront être ok à l'arrivée! (pffffffffffffffffffff!) Genre on a une tête à faire des folies de nos vélos !!! si si, il nous a bien précisé qu'il fallait pas faire des acrobaties sur la roue arrière oh la la non ! Et pour finir, la bonne petite blague. Vous partez pour 8 jours ? ne vous perdez pas hein ? c'est bizarre, mais c'est que aujourd'hui que je comprends tout ce que le gars nous a baragouiné !

Tout le monde repart avec ce moyen de transport dont nous allons totalement dépendre pour la semaine à venir (je pourrais vous écrire un traité "De la relation amour haine entre un cycliste et son vélo" mais on n'a pas la place si si vas-y !!! au pire on y consacre un autre blog !!). De retour à l'auberge nous entreprenons anxieusement de charger nos vélos.


Avant ...



Oui c'est le moment qui nous inquiétait le plus. Finalement on s'est avéré être de vrais professionnelles grâce à l'idée lumineuse de Marion: "on laisse les sacs à l'auberge". (Je fais pas que des bêtises !) Et oui, on a sorti toutes nos affaires, on a tout empaqueté dans des sacs étanches (autant le dire : des poches poubelles et je traduis pour les incultes comme moi que les poches poubelles sont en fait des sacs poubelles, si si et en plus si vous le répétez assez régulièrement, vous verrez vous serez contaminés....) et on a fourré tout ça dans nos méga sacoches en ajoutant par dessus, à l'aide de tendeurs, les matelas et sacs de couchage. L'opération n'a pas duré plus de 30 min! Moi je vous le dis, on est trop fortes...

A partir de ce moment on s'est senti vraiment en vacances...


Après : trop fastoche !



Ainsi équipées notre première destination fut le camping pour notre prochaine nuit. Ce petit itinéraire d'à peine 2 km, nous a d'abord été utile pour se familiariser avec le poids du vélo (c'est nous qui dirigeons le vélo et pas le vélo qui nous dirige, facile à dire...) et la passation de plateau et de vitesse (ben oui j'appelle ça comme ça) que je vais maîtriser pour la première fois de ma vie (normal, ma survie en dépend).

Arrivées au camping on s'installe: premier montage de tente. Nous en avons 2: une "grande" pour 3 personnes et une "petite" pour 2 personnes. Ce soir Marina et Cécile dorment dans la grande et Amandine et Marion dans la petite (elle l'ont voulu! mais non, c'est par sacrifice ! d'ailleurs, on le regrettera plus tard ... vers 2h du mat').


En voilà une, la grande ! euh... regardez pas trop ce qu'il y a derrière... on vous dit qu'elle est grande !



et l'autre, la petite (on ne rigole pas...)



On ne le sait pas encore, mais 2 petits vieux qui nous ont repérées à notre arrivée au camping, se moquent en douce de notre petite tente jaune. A suivre ... (Pas jaune mais verte, voyons) ah bon ?

On laisse nos tapis et sacs de couchage histoire de s'alléger et c'est parti pour la découverte du Killarney National Park (Waow ! super ton accent !!!) Te moque donc pas mamie qui comprend même pas le scottish!!!! ROTFL !!! (tu crois que combien de personnes la connaisse ton abréviation?)

Ce fut une mise en jambe d'environ 10 km. On a commencé par le Muckross Friary (c'est quoi ce truc là! c'était pas une abbaye???? si si) (il te plaît tjs mon accent là?) où on a posé pour la première fois les vélos pour une balade dans ce cimetière très vert avec vue sur le lac.



Cimetière de l'abbaye

On serait bien restées des heures sous ce soleil et dans cette quiétude mais on n'est pas du genre à renoncer à nos objectifs. Nous voilà donc reparties pour le Muckross House ou plutôt pour ses jardins.


Muckross House

Jolie balade en pleine nature, premier pique-nique et première sieste au soleil... S'en est suivie une balade à l'ombre des arbres. Et premier cours de botanique pour Cécile !!! Millepertuis, chêne, bruyère... lavande ! ah non, lilas ! toujours pas ? mince, bruyère... T'en oublies plein là houx, glycine, arbousier, rhododendron, camélia, cyprès....Pour les botanistes en herbe (ahah!!!!), je précise que maintenant Cécile est incollable, ne me déçois pas mamie!!! euh... j'ai appris tout ça ? t'es sûre ?

De retour sur nos selles nous avons entrepris le tour du lac avec de multiples pauses photos... et oui, le site était tellement beau qu'on ne s'en lassait pas.


Parties pour l'aventure, ces demoiselles ont même décidé de faire grimpette dans les arbres ...

ce qu'on ne voit pas sur la photo c'est qu'on est au-dessus de rapides surpuissants infestés de crocodiles et que des serpents mortellement venimeux se cachent parmi les branches...



... et au milieu d'une cascade... moi je préfère immortaliser ces moments me croyant (naïvement) plus à l'abri ainsi. Sauf que si Amandine ne m'avait pas sauvée, un méchant taon aurait bu tout mon sang (oui j'exagère mais j'ai encore la trace!). Enfin contrairement à Cécile, j'avais encore les pieds au sec... Hin hin... mais j'avais toujours UN pied au sec madame...



The Torc Waterfall


A noter qu'au cours de cette balade dans le parc, nous sommes tombées à plusieurs reprises sur des gens de l'auberge de jeunesse ou bien des passagers du car Limerick-Killarney... que le Kerry est petit !

Après cette balade dans un cadre aussi magnifique il nous fallait revenir à des choses plus terre-à-terre: diner. A ce stade, on avait vraiment mal aux fesses et à chaque ré-enfourchage du vélo pour aller dans un autre magasin, on pouvait entendre leur cri désespéré... (non, pas les miennes ! ni les miennes! Filles de mauvaise foi!) On en a aussi profité pour aller à la gare nous renseigner sur les horaires de train pour le retour et là on est tombées sur un petit rigolo qui nous a fait un numéro auquel on n'a pas compris grand chose. En fait le petit rigolo en question ne comprenait pas pourquoi on voulait savoir s'il fallait réserver. Alors il est parti dans son trip que le dimanche c'est un "free day" et non un "labor day" et donc qu'il ne fallait pas réserver. Et comme nous on comprenait pas ce qu'était un "free day" (on comprenait pas si "free day" ça désignait un jour férié en particulier ou si c'était simplement pour dire que c'était pas un jour ouvré...), il nous a fait un signe: il a tapé avec ses deux poings fermés sur la vitre en souriant... Là, on s'est dit qu'il se foutait de notre gueule et on a décidé de rester sur le mot de la fin "il ne faut pas réserver".


Nous voilà donc parties au grand supermarché du coin. Aucun problème pour faire les courses mais point de butagaz à l'horizon... Je vous jure que nous avons fait 11 magasins! On en a bien vu un dans une vitrine, seulement il s'agissait du seul magasin fermé (en même temps on ne peut pas leur en vouloir un dimanche). On en a aussi vu un dans un magasin dont la porte était ouverte mais la caisse venait de fermer et malgré nos grands yeux de Chat Potté, ils ont pas voulu faire d'exception...

Nous sommes donc rentrées au camping déconfites... avec nos saucisses et nos pâtes, mais point de butagaz... En arrivant, on s'est précipitées pour passer devant un groupe d'Italiens qui arrivaient, afin de demander à l'accueil du camping s'ils savaient un moyen de chopper un butagaz mais point de solution !

Notre arrivée au camping souleva quelques commentaires... 4 filles en vélos ça ne passe pas inaperçu. 2 papys saluèrent donc notre arrivée avec enthousiasme. Marion et Cécile jouèrent les Parisiennes, (en fait, comme j'étais la 1ere à passer, j'ai rien entendu, et puis, en plus, je suis passée trop viiiite ! Pas crédible, si ? ouais tout pareil ! sauf que j'étais pas la première !) moi, en fille de la campagne, j'ai dit bonjour et Amandine également (elle a d'un oeil averti tout de suite vu qu'ils étaient équipées en butagaz... calculatrice ! ouais mais au moins grâce à moi on a pu becquetter).

Pour se reposer nous avons commencé la soirée par une partie de 1000 bornes. Un rappel des règles fut indispensable. Oh et j'avais oublié ! je me suis aussi débarassée de LA chaussette trempée + trouée... pour la chaussure elle séchera quand elle le voudra bien hein... L'objet de notre surprise, à Marion, Amandine et moi-même fut que Cécile n'a jeté qu'une chaussette... On en a conclu qu'elle était très attachée à la seconde...


Petite partie de 1000 bornes sous un grand ciel bleu ...



si, si, la preuve !



Puis l'appel du ventre retentit... D'autant plus que ces chers italiens nous narguaient à faire leur popote sous notre nez ! Comment faire ? Demander gracieusement aux Italiens de nous filer l'eau de leurs pâtes ??? Après leur être bassement passé devant... on le sentait pas trop...

Je ne suis pas trop du genre à quémander... Cécile, à l'accent si parfait :p , se sentit obligée d'appartenir à la mission butagaz (tu vois qu'il me sert mon accent pourri!) et avant que je me propose (hi hi) Marion s'est levée (encore le sacrifice !) car, enfin, voyons, il faut bien manger! (C'est surtout que j'étais la seule à savoir quel type de butagaz il fallait, parce que voyez-vous, y a ceux qui se clippent et ceux qui se vissent !)

J'ai donc attendu avec Amandine en scrutant nos deux téméraires se rendre chez les 2 papys à la recherche du feu... Ce qu'on n'avait pas réalisé c'est qu'au final on a envoyé les 2 malpolies (mais les plus jolies ;-) ça rime !) Les papys leur on fait remarquer... ("Saying Hello is nice you know..." "didn't we ???" quelle mauvaise foi !!!) mais ont consenti à nous vendre leur butagaz supplémentaire! Bon, ce qu'oublie de dire Marina parce que forcément, dans la tranquillité de sa tente elle n'a pas eu à subir cette épreuve, mais NOUS on a dû faire la conversation, quand même, après avoir choppé le butagaz !! Demain vous allez où ? Mais en passant par le Moll's Gap ??? Vue l'horreur qui se peignait sur leurs visages, on aurait cru qu'on leur annonçait qu'on allait passer par les mines de la Moria... on commençait à s'inquiéter un petit peu quand même... Bon, ils nous ont un peu rassurées en nous disant que la météo prévoyait une jolie journée pour le lendemain même si la nuit allait être très froide (je confirme ! cf 2h du mat'). OK... savent pas donner que des bonnes nouvelles ici... m'enfin on a fini notre quart d'heure social et on a enfin embarqué "notre" butagaz en nous confondant en mercis...

Sauvées! La découverte du feu fut effectivement une grande avancée pour la cuisson des saucisses rose pâle (cuisson également fondaison plutôt...., mais involontaire, de la fourchette). Le repas fut mouvementé à cause de nos voisins italiens qui ont tenté de nous décapiter avec leur frisbee... On a bien eu envie de le leur faire fondre maintenant qu'on avait du feu...

Premier repas au butagaz, ça valait bien la photo !




Après ce ravitaillement, tout le monde partit pour la douche (5 min d'eau chaude! oui mais finalement c'est largement suffisant et puis il y a des sèche-cheveux !!!) et hop! on se réfugie bien vite sous la "grande" tente pour travailler notre 1000 bornes (tu veux un feu vert Marion? ben, quoi, on peut pas être douée à tous les jeux !) à l'aide du stéthoscope (oui vous avez bien lu).

Minuit. Fatiguées, Marion et Amandine s'en allèrent prendre du repos sous la petite tente. La journée de demain s'annonçait des plus difficiles. Moi je m'installai dans mon sac de couchage qui bizarement, une fois la capuche enfilée, faisait exactement ma taille... j'suis pourtant pas une géante... Cécile me demande si elle peut écrire le compte rendu de la journée après avoir mitraillé de photos la tente dans tous les sens... Pas de problème... je dors déjà...

oui je sais ça fait peur... mais c'est bien comme ça qu'elle dort ! pas étonnant après que j'arrive pas à dormir !

Je tiens à préciser que, pour des raisons techniques, c'est la seule nuit où j'ai enfilé la capuche...


Comme Marina dort déjà, je vais raconter la suite de la nuit qui fut longue de péripéties... Parce que comme vous l'avez remarqué sur les photos la petite tente verte jaune ! est effectivement bien petite... Donc Marion et moi sommes allées nous coucher. Le deshabillage pour la nuit a été un peu épique mais bon, nous y sommes arrivées et hop dans le sac de couchage. 5 minutes plus tard nous dormions agréablement dans les bras de Morphée. Mais Keument vous faites, quoi !

2H du mat'. Je me réveille frigorifiée, je n'arrivais plus à respirer. Oui je me souviens, même avec mon polaire et les plus grosses chaussettes de ma collection, je commençais à sentir le froid. Marina tais-toi tu dors !! J'écoute la respiration de Marion et j'essaye de me caler dessus mais voilà, je me suis bien vite aperçue qu'elle aussi avait du mal à respirer. J'étais complètement essouflée oui ! et je vous jure, je n'étais pas entrain de rêver à la grimpette du lendemain ! Impossible de reprendre son souffle. De l'air ! Pitié !

Bref, on se réveille, on ouvre la tente pour avoir de l'air et là notre sauveuse Cécile (qui ne dormait bien évidemment pas!) nous propose gentiment de nous héberger pour la fin de la nuit Wonderwomaaaaannnn. Après avoir fait de la place dans la grande tente, Marion et moi migrons et soupirons d'aise quand nous sentons cette douce chaleur qui émanait de la grande tente. Euh... permets moi de mettre tes souvenirs en doute... ou alors c'est la comparaison avec votre tente qui t'a donné cette impression ! Là je peux parler car je suis réveillée pour vous faire de la place dans la tente! Nous avons donc fini notre nuit paisiblement certes serrées comme des sardines mais au chaud. A noter que les sardines du bord se sont retrouvées trempées puisque bien sûr on n'avait pas tendu la tente en prévision d'une invasion barbare ! Pourquoi ce sont celles qui dormaient au départ dans cette tente qui ont joué le rôle de sardines? Parce que nous on s'était déjà sacrifié... Deux heures !!

J'en profite pour passer un petit message : gratitude éternelle aux généreux prêteurs de LA tente...(cf. Thierry et Elsa)

note des auteurs : les "sardines" ici ne désignent pas les piquets qui tiennent la tente hein, vous l'aurez tous compris.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Ben ils n'étaient pas si ok que ça les vélos à l'arrivée....

Au moins, vous aurez crevé le dernier jour !

Anonyme a dit…

La vache marina, tu fais vraiment peur dans ton sac de couchage de hobbit !

Cécile a dit…

Mais t'as grillé tout le suspens là avec la crevaison !!! ;)

Marina a dit…

Il faut bien l'avouer: j'ai posé pour la photo